Pour toi — et pour toi seulement

Ma Lise

Six mois de silence, trois villes, et un fil qu'on a fini par renouer.

Descends doucement
Janvier

Commencer par la vérité

Pendant deux ans, tu m'as demandé des efforts. Pas des grands discours, pas des promesses : des efforts. Et je ne les ai pas faits.

Ce n'était pas les circonstances, ni le contexte, ni « c'était compliqué ». C'était moi.

On s'est abîmés l'un l'autre à force de s'accrocher sur tout. Tu es partie début janvier, et tu avais raison de partir.

Si cette page commence là, c'est parce que je ne veux plus jamais faire comme si ça n'avait pas existé. Le reste ne vaut quelque chose que si celui-là est écrit noir sur blanc.

Six mois.

Le fil ne tenait plus

Six mois pour comprendre ce que tu essayais de me dire depuis deux ans.

Juin — Paris

On devait juste discuter

Un soir, à Paris. Deux heures maximum, le temps de mettre les choses au clair. On s'est retrouvés sur les quais, et personne n'a regardé l'heure.

Je t'ai commandé des sushis et la plus grande bouteille d'Evian du magasin. On a eu tellement chaud et tellement soif ce soir-là qu'on l'a descendue en entier. Format familial, et pas une goutte de trop.

Le lendemain, petit-déj. Et ta maman qui nous rejoint. Elle nous a regardés nous chambrer deux minutes et elle a dit qu'entre nous cette complicité-là ne s'était jamais perdue.

Je crois que c'est en l'entendant le dire à voix haute que je m'en suis rendu compte pour de bon.

Juin — Paris, l'appartement

Fermer une porte à deux

Quelques jours plus tard, je suis venu t'aider à vider ton appartement. Celui où j'étais venu la toute première fois avec toi.

On a porté les cartons, on a nettoyé, et on a rendu les clés ensemble. Ce chapitre-là, on l'a refermé à deux — proprement, sans le claquer.

C'est là, en refermant cette porte, que je me suis dit qu'on pouvait peut-être en ouvrir une autre. Qu'on ne finissait pas quelque chose : on faisait de la place.

Un chapitre qui se ferme proprement, pour en commencer un bien plus beau.

Cet été — Lyon

Quai Saint-Vincent

Une semaine. Ton appartement, enfin à toi. Chez toi ça ne captait rien, alors je me suis occupé du réseau — voilà, tu avais Internet.

Et puis la Tête d'Or, encore et encore. Le plaid par terre, l'herbe, et trois jeux qui ont bien failli nous fâcher :

Un soir, Fourvière. Les Quatre Saisons de Vivaldi, à la bougie. Je t'ai regardée écouter, et j'ai trouvé ça plus beau que la musique.

Le reste : des matchas, des balades sans destination, des repas qui traînent, et des conversations qui partaient dans tous les sens. On a beaucoup ri. Et beaucoup parlé — pour de vrai, cette fois.

Cet été — Aix-en-Provence

Cinq jours, la clim et un chat

Chez ta mamie, qui n'était pas là. La clim à fond, les volets tirés l'après-midi, et Caramel qui décidait seul où il dormait, quand, et sur qui.

Caramel, propriétaire des lieux

On a fêté ton anniversaire avec tes parents, ton frère et ta sœur. Le même soir, on a revu Vic, ta meilleure amie — née exactement le même jour que toi. Deux anniversaires pour une seule soirée.

Tu m'as fait découvrir Aix : les rues, les places, les endroits qui comptent pour toi. On a joué aux cartes pendant des heures, bu des matchas, mangé, ri, parlé.

On a noté les mariages avec beaucoup trop de sérieux. On a jugé, critiqué, refait les décos, contesté les notes — et surtout attendu les embrouilles avec une impatience pas très glorieuse.

On était insupportables. C'était parfait.

Cet été — à table

Le couscous de ton père

J'ai rencontré ton père, et goûté son couscous. Puis le reste de ta famille : tes deux mamies, ton oncle Frank.

Être reçu comme ça, ce n'est pas rien, et je ne l'ai pas pris comme un dû. Pas une seconde.

Merci de m'avoir laissé entrer là. Je sais ce que ça vaut.

Nous

Le reste, en vrac

Les soirées, les allers-retours, les moments où on ne se posait pas la question de savoir si c'était bien. C'était bien.

Touche une image pour l'agrandir — les vidéos ont le son.

Aujourd'hui

Je ne te demande rien

Tu attends de voir si ça tient. Pas quelques semaines, pas quelques mois : dans la durée. C'est légitime, et c'est exactement ce que je ferais à ta place.

Alors je ne vais rien te promettre de plus que ça : du temps, et des preuves. Les mots, tu en as déjà eu beaucoup. Voilà ce sur quoi je travaille, concrètement :

Tu m'as dit que tu voyais la différence. C'est la seule chose dont je sois vraiment fier cette année.

Et pour que ce soit clair : je n'attends rien de toi. Je veux juste qu'on continue à profiter et à passer des moments comme ceux-là ensemble. Pour la suite, on verra bien — tranquillement, sans rien forcer.

Septembre — Lyon

Le prochain chapitre

La rentrée, Lyon, tous les deux. Le travail, les réveils tôt, les semaines qui s'enchaînent. La vraie vie, pas les vacances.

Et c'est précisément ça que j'attends. Parce que c'est là que ça se joue, et c'est là que tu verras.

avant le début du chapitre suivant

Des surprises — des vraies, pas celles qu'on annonce.
Des fous rires, le plus souvent possible.
De la joie, même les jours ordinaires.
Et tout ce que je peux faire pour que tu sois heureuse.

Ma Lise,

Si tu es arrivée jusqu'ici, c'est déjà énorme. Merci.

Je n'écris pas ça pour te convaincre de quoi que ce soit, ni pour te demander quelque chose. J'écris ça parce que ces derniers mois, avec toi, ont été les plus beaux depuis longtemps, et que je voulais te le dire autrement qu'en message.

On est partis d'un endroit très moche. Je le sais, j'en suis responsable, et je n'ai pas l'intention de l'oublier — c'est ce qui me tient droit aujourd'hui.

Depuis, il y a eu des quais, des sushis, des cartons, des clés rendues ensemble, un plaid à la Tête d'Or, des bougies à Fourvière, un chat qui ronfle, un anniversaire, un couscous, et des heures et des heures de rires.

Je ne te demande pas de décider quoi que ce soit maintenant. Je te demande juste de regarder, tranquillement, sur la durée. Je serai là, et je serai le même que ces derniers mois.

Le prochain chapitre s'écrit à Lyon. J'ai vraiment hâte.

— la personne qui s'est rendue compte de tout

P.S. Promis, tu auras de très belles surprises. Et cette fois tu ne seras pas énervée, tu seras super contente. Haha.